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Historique de Menetou Salon



De l’antiquité au 11ème siècle



Columelle né à Cadix en l'an 42 et Pline l'Ancien né à Veronne en l'an 23, ont écrit de nombreux livres citant le Biturica, réputé pour la douceur de son vin.

En l'an 1063 et 1097, on retrouve des Actes par lesquels le Seigneur de Menetou Salon fait don à différents Ordres religieux de la région, de vignes sises au clos de Davet.

A l'époque Gallo-romaine, les romains s'implantent sur le site, se mêlant à la population gauloise. La principale activité était des forges et l'exploitation du minerai de fer "Les Ferrières" qui cessèrent vers l'an 150 et furent reprises 400 ans plus tard.

Un bronze de Marc-Aurèle datant de l'an 172 en reste le seul vestige.

Ces "Ferrières" seront réexploitées de 1896 à 1903 lors de la venue des Chemins de Fer.




De 1096 à 1950


En 1097, le seigneur de Ménetou : « SARLON le Riche » ayant décidé d’accompagner à la Première croisade le vicomte de Bourges : Eudes Arpin donne l’église Saint-Pierre de Ménetou, avec ses revenus, à l’abbaye Saint-Sulpice-lez-Bourges de l'Ordre de Saint-Benoît.
En 1190, Hugues de Vevres, seigneur de Menetou, donne des terres à l’Abbaye de Loroy toute proche (actuellement sur la commune de Méry-ès-Bois) fondée depuis peu (1125) par le seigneur de Sully, la Chapelle et les Aix.
En 1259, Hervé III, seigneur de Vierzon, donne la seigneurie de Menetou-Salon à sa sœur Marie de Vierzon à l’occasion du mariage de cette dernière avec Jean Ier de Sancerre. Robert, fils cadet de ce dernier, obtient la seigneurie de Menetou-Salon.
En 1384, Arnould de Bonnay, marié à Isabeau de Sancerre, dame de Menetou, Seigneur de Quantilly, peut se prévaloir du titre de seigneur de Menetou.


xve siècle

Vers 1450 Jacques Cœur achète les terres et le château de Menetou. Dans les années qui suivent, le Grand argentier tombe en disgrâce et ses biens sont saisis par le roi Charles VII de France. Ce dernier « vend » pour 8 000 écus d’or cette seigneurie à sa favorite du moment : Antoinette de Maignelais devenue dame de Villequier.


xvie siècle

En 1513 Artus de Villequier — sans postérité — vend (pour 20 500 livres) la terre de Ménetou à dame Jeanne de Mallet-Graville, veuve en 1511 de Charles d’Amboise.

   1.

      •En 1532 Claude d'Urfé, surintendant de la maison du roi François II de France, épouse Jeanne de Balzac d’Entragues, dame de Menetou (fille de Pierre d’Entragues et d’Anne de Graville) et devient ainsi seigneur de Menetou-Salon.
   2.

      •En 1559, à la mort de Claude d’Urfé, son beau-frère Jean Pot seigneur de Rhodes en bas Berry (qui avait épousé en 1538 Georgette de Balsac, sœur de Jeanne) achète à Jacques d’Urfé la châtellenie de Menetou-Salon.
   3.

      •En 1590, sont regroupées deux entités jusque-là distinctes : la seigneurie de la Chaintre (qui dépendait du seigneur de Mehun-sur-Yèvre — donc du Roi — et qui était soumise à la taille) et la partie située autour du château de Menetou appelée « le fief Pot » (ou « fief de Pot ») qui dépendait de la principauté souveraine de Boisbelle (dont les habitants jouissaient de conditions très avantageuses en matière d’impôts, d’obligations militaires…).

xviie siècle

En 1619, à l’issue d’un procès sommaire devant la cour souveraine de Boisbelle, un mendiant Gilbert Fourneau est arrêté, convaincu de sorcellerie et condamné à mort. Après avoir fait amende honorable au porche de l’église Saint-Pierre de Ménetou, il est pendu puis brûlé sur place.


xviiie siècle

Sous l’Ancien Régime, les catholiques de Menetou-Salon disposent de 3 lieux de culte : l’église paroissiale Saint-Pierre, le prieuré de Saint-Martin et la chapelle du château (la paroisse est rattachée à l’archiprêtrie de Bourges).
À l'occasion de plusieurs mariages, la terre de Menetou — qui était restée près de deux siècles propriété de la famille POT (maintes fois ambassadeurs du Roi de France) — va en peu de temps voir plusieurs Maisons Nobiliaires se succéder à sa tête. Ainsi :

   1.

      •En 1713, à la fin du règne de Louis XIV, Marie Thérèse Charlotte Pot, marquise de Rhodes, fille unique de Charles Pot seigneur de Menetou et grand maître des cérémonies de France, épouse Louis de Gand-Vilain, prince d’Isenghien (noblesse belge du Saint Empire) ; elle lui apporte la seigneurie de Menetou et de Mehun.
   2.

      •Puis, Elisabeth Pauline de Gand-Vilain, nièce du prince d’Isenghien, épouse Louis de Brancas duc de Lauraguais ; ce dernier reçoit donc la terre et le château de Menetou-Salon.
   3.

      •Enfin, Louise Pauline de Brancas de Lauraguais, fille des précédents, épouse le prince et duc Louis Engelbert d’Arenberg.
   4.

      •En 1792, pendant la Révolution française, le curé de Menetou, Me Jacques Herpin se réfugie en Angleterre pour fuir les poursuites ordonnées par les autorités révolutionnaires contre les ecclésiastiques qui refusent d’appliquer la Constitution civile du clergé.
   5.

      •À cette époque, lors de la création des nouvelles unités administratives, Menetou-Salon devient chef-lieu de canton jusqu’en 1817.

xixe siècle

En 1801, sous le Consulat et Napoléon Bonaparte est instauré à Menetou-Salon un tribunal appelé « Justice de paix » pour régler les conflits de voisinage apparus sur les communes d'Allogny, de Fussy, de Menetou, de Pigny, de Quantilly, de Saint-Éloy-de-Gy, de Saint-Georges-sur-Moulon, de Saint-Palais, de Saint-Martin-d'Auxigny, de Vasselay et de Vignoux-sous-les-Aix.
En 1817, sous le règne de Louis XVIII et la Restauration française, le siège de la Justice de paix est transféré à Saint-Martin-d’Auxigny.
Vers 1824, un vaste incendie détruit 104 maisons à Menetou-Salon ; l’Archevêque de Bourges, Monseigneur de Villèle ordonne des quêtes dans son diocèse pour porter secours aux sinistrés.
Dans les années 1830, sous la Monarchie de Juillet et le roi Louis-Philippe Ier, la commune de Menetou-Salon est caractérisée par des activités de tissage de serge, d’huilerie de noix, de commerce de bois et bien sûr de production de vins (dont une partie alimente une distillerie) ; si l’on recherche des fabrications de taillandier ou un instrument aratoire, ils sont produits sur place (M. Talbot, par exemple, pour les outils agricoles vers 1860). Mais l'essor de ces activités est freiné par la vétusté et la lenteur des transports avec la seule traction à cheval : diligences, charrettes ; de plus, les routes sont peu praticables en certaines saisons et dans les lieux reculés.
En 1867, sous le Second Empire et l’Empereur Napoléon III, l’église de Menetou-Salon est reconstruite.
La deuxième partie du xixe siècle voit partout en France l’essor du chemin de fer. L’objectif visé est que toutes les préfectures et les sous-préfectures soient rapidement reliées par le rail ; au début du siècle suivant, les trois quarts des cantons le seront également au moyen de chemins de fer départementaux ou de tramways (parfois à voie métrique, parfois à écartement plus faible encore : 80 cm et même 60 cm). Menetou-Salon va également être touché par ce bienfait voulu expressément par les autorités républicaines pour rallier les citoyens au nouveau régime politique ; dès 1860, le vin de Menetou commence à être vendu à Paris. Puis, dans les années 1880, est entreprise la construction de la ligne Bourges – Aubigny – Argent – Sully – Orléans ou Paris via Pithiviers (ligne exploitée jusqu’en 1938 par la Compagnie du chemin de fer de Paris à Orléans) (ou « P.O » dans le langage quotidien) puis par la SNCF après 1938).
En 1877, le Prince Auguste d’Arenberg, déjà Conseiller général du canton de Saint-Martin-d’Auxigny, est élu député du Cher, au suffrage universel masculin ; il occupera cette fonction — hormis une courte interruption entre 1881 et 1885 — jusqu'en 1902.
En 1878, sous la Troisième République, sont édifiées la Mairie et les Écoles primaires de la commune.
1881 est une année noire pour la viticulture du Centre de la France. À son tour, en effet, le Cher (alors planté, selon L. Gallicher de la « Société d'agriculture du Cher », de12 964 hectares de vignes ainsi réparties : 54,5 % dans l'arrondissement de Bourges, 26,5 % dans l'arrondissement de Saint-Amand et 19 % dans l'arrondissement de Sancerre, produisant au total près de 400 000 hectolitres de vin) subit une grave crise économique agricole provoquée par la progression du phylloxéra ; mais les viticulteurs de Menetou-Salon font face collectivement au désastre en créant un « Syndicat viticole » en 1890 et en replantant de nouveaux cépages plus résistants.
Le château de Menetou-Salon est restauré et agrandi vers 1885 par le prince Auguste d’Arenberg, président de la Compagnie du canal de Suez, député du Cher.


xxe siècle

Après la Première Guerre mondiale, le chemin de fer se trouve rapidement concurrencé par la route, du fait des considérables progrès techniques intervenus : dans le réseau routier, en particulier avec le goudronnage généralisé, ainsi que sur les automobiles et les camions.
Le monument aux morts est érigé le 28 mai 1922 en l’honneur des nombreux poilus de la commune de Menetou-Salon tués au cours de la Première Guerre mondiale.


                                                            Menetou Salon




Le 8 août 1944, la gare de Menetou voit passer le « train fou » vidé de toute présence humaine par les maquisards et lancé par la résistance intérieure française en direction du nœud ferroviaire de Bourges pour empêcher les armées du troisième Reich d’utiliser le rail et de s’opposer aux conséquences du débarquement de Normandie ou pour battre en retraite rapidement vers l’Allemagne. (Contre toute attente, cette action spectaculaire de la « bataille du rail » ne fit aucun dégât).

Nous devons nous souvenir de cette période sombre où la résistance fut très active dans notre département et en ce qui concerne Menetou Salon un Poste de Commandement était installé dans cette maison à Beaumont.


                                                                Menetou Salon

La plaque commémorative sur la façade de la maison explique clairement cet historique.



                                                                Menetou Salon



Après la seconde Guerre mondiale et la reconstruction du pays, le rail connaît quelques années de répit mais les lignes d’intérêt local ou régional voient rapidement baisser leur trafic ; le remplacement des locomotives à charbon par des autorails ou des loco-tracteurs (à moteur à essence ou à moteur diésel) n’inversent pas la tendance.
En 1950, la gare de Menetou cesse d’accueillir les voyageurs et, 20 ans plus tard, les marchandises. Enfin, la ligne de chemin de fer desservant Menetou-Salon fait l’objet d’une mesure de « retranchement » et de « déclassement » (en décembre 1991).